Voyage au Canada : Récit de réfugiés – Fawad

Voyage au Canada : Récit de réfugiés – Fawad

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Transcription : « Voyage au Canada : Récit de réfugiés – Fawad »

Durée de la vidéo : 03:18 minutes

FAWAD : Mon père est alors revenu et a dit : « Écoute, nous devons partir », et nous sommes allés chez mon cousin, où nous sommes demeurés une semaine. Ce jour-là, notre maison a été frappée de cinq missiles.

Comme mon père se trouvait dans la maison, il est sorti pour jeter un coup d’œil. Il a dit qu’il avait ouvert la grille et que dès que celle-ci fut ouverte, il avait senti passer un projectile tout près de lui. Ce projectile était passé si près qu’il avait véritablement pu ressentir la chaleur qui s’en dégageait… C’est alors qu’il a dit : « Très bien, il vaudrait mieux que j’aille dans le sous-sol de la maison, puisque c’est véritablement le seul lieu sûr. » Et je suppose que c’est ainsi qu’il a pu survivre aux cinq missiles ce jour là…

(MUSIQUE)

FAWAD : Durant les premières années, nous avons vécu à un endroit qui se trouvait sur le chemin Arbab; cette situation était loin d’être idéale. Cinq familles se partageaient la même maison. Plusieurs fois, nous nous sommes retrouvés dans une situation telle que pour étudier, nous partagions une lampe, qui avait été installée dans le coin de la maison. Cependant, tel était l’objectif principal de mes parents ainsi que le mien : faire mes études. J’ai commencé à suivre un autre cours d’anglais et j’ai étudié l’anglais pendant… une autre année et demie.

Mon frère a présenté une demande à l’organisme Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC). Comme il a été accepté, c’est ainsi qu’il a pu venir au Canada, ce qui m’a donné l’espoir de présenter également une demande de cette façon. Comme je suis plutôt du genre compétitif, je me suis dit que je devais être réaliste et qu’il fallait se demander si j’y parviendrais. Cette année-là, on dénombrait quelque 500 demandeurs provenant du Pakistan et je figurais parmi ceux-ci. J’ai finalement obtenu les meilleurs résultats de tous mes collègues et de tous mes amis qui avaient également présenté une demande. J’ai reçu une autre lettre dans laquelle on m’annonçait que j’avais été accepté à Dalhousie et que j’irais à Halifax.

Si j’ai éprouvé des difficultés, je suis néanmoins parvenu à me faire des amis et à tisser des liens avec certaines personnes. J’ai constitué une forme de système de soutien. À Dalhousie, avait été créé un comité local d’Entraide universitaire mondiale du Canada. Ces gens furent d’un appui précieux. L’un de mes objectifs était évidemment de terminer mon baccalauréat et l’expérience a vraiment été formidable. Cependant, j’ai pu rejoindre ma famille en quittant Halifax et en allant m’installer à Toronto. C’est là que vivait mon frère. Nous avons alors parrainé ma mère. Comme celle-ci est venue au Canada, nous avons pu la revoir, reconstituer notre famille et, d’une certaine façon, reprendre notre vie à nouveau.

J’ai maintenant l’occasion de démontrer à tous ainsi qu’à ce pays que vous m’avez donné une chance; c’est à mon tour de faire quelque chose. Je travaille actuellement dans la fonction publique et je veux y poursuivre une carrière. Je caresse également le rêve de faire de la politique, plus tard. Je fais énormément de travail communautaire et je souhaite poursuivre cette activité. Puisque je suis moi-même passé par là, j’estime que je peux maintenant redonner quelque chose et donner à d’autres le sentiment que si, comme vous pouvez le constater, j’y suis arrivé, vous pouvez également y parvenir.

 
 
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